Les SUV commencent à lasser aux États-Unis, tandis que l’Europe reste fidèle aux crossovers

Aux États-Unis, le SUV n’a plus tout à fait l’aura d’hier. Sur son marché d’origine, ce type de véhicule commence à montrer des signes d’essoufflement. En Europe, en revanche, la dynamique reste très différente. Les SUV continuent d’y dominer les ventes et de fragiliser les carrosseries plus traditionnelles, en particulier les compactes.

Aux États-Unis, le retour en grâce des berlines se dessine

Pendant des années, le marché américain a semblé condamner la voiture classique. Les berlines ont progressivement disparu du paysage, avec l’arrêt de modèles comme la Ford Fusion ou la Chevrolet Impala, tandis que la Dodge Charger faisait figure d’exception. Tout indiquait alors que l’appétit pour les grands véhicules ne cesserait de progresser.

Cette tendance commence pourtant à évoluer. Ralph Gilles, responsable du design chez Stellantis, explique être lassé des SUV et estime que leur période d’euphorie touche à sa fin. D’après lui, une partie du public réclame à nouveau des berlines. Les jeunes designers, eux, s’intéressent davantage à des compactes à hayon inspirées des GTI des années 1980, avec une vraie personnalité, un comportement plus ludique et un usage plus simple au quotidien.

Une étude récente menée par Escalent auprès de plus de 1 000 adolescents américains va dans le même sens. Parmi les répondants, 51 % s’imaginent conduire une berline plus tard, contre 31 % pour un SUV et 14 % pour un pick-up. Ce résultat suggère qu’une partie de la jeune génération, élevée dans un univers largement dominé par les SUV familiaux, aspire désormais à autre chose.

En Europe, les SUV continuent de gagner du terrain

Sur le Vieux Continent, le scénario est tout autre. Le SUV, importé de la culture automobile américaine, s’est imposé comme une référence durable. Aucune vraie saturation ne semble apparaître pour l’instant. Cette progression se fait surtout au détriment du segment compact, longtemps considéré comme l’un des piliers du marché européen.

Les chiffres cités dans l’article montrent une dégradation rapide de cette catégorie. Selon Dataforce, le segment des compactes a reculé de 22 % en janvier sur un an. Sur l’ensemble de 2025, la baisse atteignait déjà 16 %. Anciennement deuxième segment du marché européen, il occupe désormais la quatrième place. Deux tiers des conducteurs qui roulaient auparavant en compacte se tournent maintenant vers un SUV.

La Volkswagen Golf illustre bien cette évolution. En 2025, ses ventes européennes ont diminué de 10 %, puis de 18 % en janvier. Dans le même temps, les SUV représentent désormais 59 % des immatriculations neuves en Europe, contre 41 % en 2020. L’offre suit cette mutation : en quinze ans, le nombre de modèles compacts est passé d’environ 65 à 35.

Malgré cela, certains constructeurs n’abandonnent pas totalement les silhouettes classiques. Ford annonce vouloir revenir avec de nouveaux projets pour les voitures particulières en Europe. BMW prépare de son côté une i3 électrique au format berline. Et le simple fait qu’un designer de Stellantis remette ouvertement la berline au centre du débat montre que le sujet redevient stratégique.

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