Depuis plus de quinze ans, la voiture à hydrogène est régulièrement présentée comme une solution miracle : propre, rapide à recharger et capable de rivaliser avec les véhicules thermiques. Pourtant, malgré les annonces et les prototypes, elle reste largement absente du paysage automobile. Les raisons de ce retard sont multiples et tiennent autant à la technologie qu’à l’économie et aux usages.
Une technologie séduisante mais encore imparfaite
Sur le papier, l’hydrogène a tout pour plaire. Les véhicules équipés d’une pile à combustible n’émettent que de la vapeur d’eau à l’échappement. Le temps de ravitaillement est comparable à celui d’un plein d’essence, et l’autonomie peut dépasser celle de nombreuses voitures électriques à batterie.
Dans la réalité, la production de l’hydrogène pose problème. Aujourd’hui, l’essentiel de l’hydrogène utilisé est dit « gris », car issu du gaz naturel. Ce procédé génère d’importantes émissions de CO₂, ce qui réduit fortement l’intérêt environnemental du véhicule. L’hydrogène « vert », produit à partir d’électricité renouvelable, reste rare et coûteux à grande échelle.
À cela s’ajoutent des contraintes techniques. Les piles à combustible utilisent des matériaux chers et sensibles, et le stockage de l’hydrogène sous haute pression impose des normes de sécurité strictes. Ces éléments augmentent le coût de fabrication et compliquent la diffusion à grande échelle.
Un modèle économique et des usages encore défavorables
L’autre frein majeur est l’infrastructure. Les stations de ravitaillement en hydrogène sont très peu nombreuses, souvent concentrées dans certaines régions ou réservées à des flottes professionnelles. Pour un automobiliste, l’absence de réseau dense rend l’usage quotidien peu rassurant.
Le prix constitue également un obstacle. Les voitures à hydrogène sont vendues à des tarifs élevés, bien supérieurs à ceux des modèles électriques équivalents. Le coût du carburant reste lui aussi important, faute de production massive et de concurrence suffisante.
Face à cela, la voiture électrique à batterie a pris une avance considérable. Les réseaux de recharge se développent rapidement, les coûts baissent et les performances progressent chaque année. Pour les constructeurs, l’investissement dans l’électrique apparaît aujourd’hui plus rentable et plus conforme aux attentes du marché que l’hydrogène destiné aux particuliers.