Dacia en recul : le Duster est-il devenu son propre ennemi ?

Après plusieurs années de forte croissance, Dacia connaît un exercice 2026 plus difficile. Les immatriculations de la marque ont reculé de 16 % au premier trimestre avant de limiter la baisse à environ 8 % sur les sept premiers mois. Si la concurrence chinoise et la progression de l’électrique expliquent en partie ce ralentissement, les performances du Duster posent également question. Le SUV historique de la marque semble notamment subir la réussite de son grand frère, le Bigster.

Le Dacia Duster

perd du terrain en 2026

Depuis son lancement il y a seize ans, le Duster constitue l’un des piliers commerciaux de Dacia. Mais la troisième génération peine davantage à maintenir cette dynamique. Sur les sept premiers mois de 2026, ses ventes ont ainsi reculé de 23 %, après une chute particulièrement marquée de 41 % en France au mois de janvier.

Les problèmes logistiques rencontrés en début d’année par Dacia ne suffisent pas à expliquer cette situation. Le Duster est produit en Roumanie et n’a donc pas directement subi les perturbations ayant affecté les véhicules fabriqués au Maroc. Il doit en revanche affronter une concurrence de plus en plus forte, notamment de la part des constructeurs chinois qui proposent des SUV richement équipés à des tarifs agressifs.

L’évolution du marché joue également contre lui. Les voitures électriques représentaient 38 % des immatriculations françaises en août, alors que Dacia reste encore très dépendante des motorisations thermiques et hybrides. Conséquence : le Duster, neuvième des ventes françaises l’année dernière, est descendu à la quinzième place en 2026.

Le succès du Bigster

pourrait cannibaliser le Duster

Le problème pourrait aussi venir directement de la gamme Dacia. Pendant que le Duster recule, le Bigster connaît une progression spectaculaire. Depuis le début de l’année, le grand SUV totalise 52 430 ventes et s’est imposé comme le SUV du segment C le plus vendu auprès des particuliers en Europe.

Une partie des propriétaires d’un Duster de deuxième génération choisirait désormais le Bigster au moment de changer de véhicule. Plus grand et plus valorisant, ce dernier apparaît comme une évolution naturelle, d’autant que son prix débute autour de 25 000 euros. La proximité entre les deux modèles pourrait donc provoquer une forme de cannibalisation au sein même de la gamme.

La situation pourrait encore évoluer avec l’arrivée annoncée du Striker, un futur SUV coupé dérivé du Bigster qui devrait lui aussi être proposé autour de 25 000 euros. Dacia devra alors parvenir à différencier suffisamment ses trois SUV pour éviter qu’ils ne se disputent les mêmes clients.

Le ralentissement du Duster n’explique toutefois pas à lui seul le recul de la marque. Dacia doit également composer avec son offre électrique encore limitée et la progression rapide de nouveaux concurrents. Le constructeur prépare justement une nouvelle Spring produite en Europe, attendue début 2027 à partir de 17 900 euros, afin de renforcer sa présence sur ce marché.

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