Volvo Gand va produire une autre marque pour sécuriser son avenir

L’avenir de l’usine Volvo de Gand s’éclaircit. Confronté à une importante surcapacité de production en Europe, le constructeur a décidé de transformer le site belge en usine de production sous contrat, capable d’assembler des voitures appartenant à d’autres marques. Une première dans l’histoire de l’usine. L’identité du constructeur concerné reste secrète, mais les regards se tournent naturellement vers les différentes marques du groupe chinois Geely.

Une autre marque bientôt produite

aux côtés des Volvo

L’annonce a été faite à l’occasion d’une présentation aux investisseurs. À l’avenir, les chaînes de Gand ne seront donc plus exclusivement réservées aux modèles Volvo. Le site produira sous contrat des véhicules d’une seconde marque, dont le nom n’a pas encore été communiqué. Parmi les candidats possibles figurent Zeekr, Lynk & Co ou directement Geely.

Cette décision intervient à un moment crucial pour l’usine belge. Avec la montée en puissance du nouveau site Volvo de Košice, en Slovaquie, la capacité de production européenne du constructeur approche les 800 000 véhicules par an, alors qu’un peu plus de 330 000 voitures ont été vendues en Europe l’année dernière. Le transfert de la production de l’EX40 vers la Slovaquie doit par ailleurs faire tomber l’utilisation du site de Gand à environ 60 % de ses capacités.

L’arrivée d’une seconde marque doit donc permettre de mieux exploiter l’outil industriel. Le choix d’un constructeur chinois du groupe Geely présenterait aussi un autre avantage : une production européenne permettrait de contourner les droits de douane supplémentaires imposés par l’Union européenne aux voitures électriques fabriquées en Chine.

119 millions d’euros

pour renforcer l’usine belge

Gand bénéficiera également d’un soutien pouvant atteindre 119 millions d’euros, prévu dans un accord entre Volvo Cars, le gouvernement fédéral belge et la Région flamande. Ces mesures doivent financer des projets industriels, écologiques et d’innovation afin de rendre le site plus compétitif. Volvo avait déjà investi environ 200 millions d’euros pour y lancer la production européenne de l’EX30.

L’usine occupera par ailleurs une place particulière dans l’organisation industrielle du groupe. Alors que les autres sites européens doivent progressivement se concentrer sur une architecture commune, Gand conservera la plateforme SEA2 utilisée par l’EX30 tout en accueillant une seconde base technique destinée aux futurs modèles produits sous contrat.

Cette nouvelle orientation s’inscrit dans le rapprochement croissant entre Volvo et sa maison mère Geely. Le constructeur souhaite faire passer la proportion de composants communs entre les deux groupes d’environ 10 % actuellement à 30 % d’ici 2030. Volvo prévoit parallèlement treize nouveaux modèles d’ici la fin de la décennie, dont sept destinés aux marchés occidentaux et six spécifiquement développés pour la Chine.

Si cette stratégie améliore les perspectives du site belge, elle ne garantit pas pour autant le maintien de tous les emplois. Volvo prévoit également d’accroître l’automatisation afin de réduire ses coûts de production. L’avenir de la dernière grande usine automobile de Belgique semble néanmoins désormais mieux assuré grâce à cette ouverture à d’autres marques.

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