Stationnement, sécurité… les voitures deviennent-elles trop grandes pour nos villes ?

Les voitures neuves n’ont jamais été aussi imposantes. Année après année, elles gagnent quelques centimètres en longueur et en largeur, au point de soulever de nouvelles interrogations sur leur compatibilité avec les infrastructures urbaines. Une récente étude européenne alerte sur les conséquences de cette évolution, aussi bien pour le stationnement que pour la sécurité des usagers les plus vulnérables.

Des véhicules

toujours plus imposants

Depuis le début des années 2000, les dimensions des voitures commercialisées en Europe progressent régulièrement. Selon l’étude menée par Transport & Environment (T&E) et Clean Cities, la longueur moyenne des véhicules neufs augmente d’environ 1,2 cm par an, tandis que leur largeur progresse de 0,5 cm chaque année. En vingt-cinq ans, une voiture moyenne est ainsi passée d’environ 4,09 mètres à 4,38 mètres de long. Si cette tendance se poursuit, elle pourrait atteindre 4,56 mètres d’ici 2040.

Les SUV expliquent en partie cette évolution, mais ils ne sont pas les seuls concernés. Même les citadines affichent désormais des dimensions supérieures à celles de leurs ancêtres. La première Renault Twingo, lancée en 1993, mesurait 3,43 mètres de long, contre près de 3,80 mètres pour la nouvelle génération électrique. Certaines berlines familiales dépassent désormais les cinq mètres de longueur, comme la dernière BMW Série 5.

Des conséquences

pour les parkings et la sécurité routière

Cette croissance du gabarit des véhicules pose un véritable défi aux infrastructures conçues il y a plusieurs décennies. Les places de stationnement, notamment dans les centres-villes et les parkings souterrains, deviennent de moins en moins adaptées aux voitures modernes. L’étude estime qu’à l’horizon 2040, Paris pourrait perdre jusqu’à 12 000 places de stationnement en voirie si les dimensions des véhicules continuent d’augmenter au rythme actuel. D’autres grandes villes européennes, comme Londres, Berlin ou Rome, seraient également concernées.

Au-delà des difficultés de stationnement, les auteurs de l’étude alertent aussi sur les conséquences en matière de sécurité routière. Des véhicules plus longs, plus larges et plus lourds augmentent la violence des collisions, notamment pour les piétons, les cyclistes et les deux-roues. Pour limiter ces risques, T&E plaide pour un retour à des dimensions moyennes proches de celles observées en 2015 et appelle les pouvoirs publics à encourager le développement de modèles plus compacts, mieux adaptés aux contraintes des villes européennes.

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