Le projet de gigafactory porté par ProLogium entre dans une phase concrète à Dunkerque. Le spécialiste taïwanais prépare la production européenne de batteries automobiles de nouvelle génération, avec une montée en puissance attendue à partir de 2029.
Un chantier stratégique
pour l’industrie automobile française
Après plusieurs années consacrées aux autorisations et à la préparation du terrain, ProLogium engage désormais les travaux nécessaires à la construction de son usine. Les opérations actuellement menées concernent notamment les accès au site, la plateforme industrielle, les installations électriques et le raccordement au réseau.
L’entreprise travaille avec plusieurs partenaires français, parmi lesquels Sogea Caroni, Ardelec Energie, Enedis et RTE. La proximité de la centrale nucléaire de Gravelines doit permettre au futur complexe industriel d’accéder à une électricité largement décarbonée, un argument important pour limiter l’empreinte environnementale de la fabrication des batteries.
La première phase du projet doit atteindre une capacité annuelle de 0,8 GWh à la fin de 2028. ProLogium prévoit ensuite une montée en cadence en 2029, avant d’atteindre 4 GWh par an en 2030. À plus long terme, le terrain réservé à Dunkerque pourrait accueillir des extensions portant la capacité totale à plusieurs dizaines de GWh, à condition que la demande des constructeurs automobiles soit au rendez-vous.
Le site français ne fonctionnera pas de manière isolée. Il doit collaborer avec le centre de recherche et développement ouvert par ProLogium à Paris-Saclay, chargé d’adapter la technologie aux attentes du marché européen. Pour la France, l’enjeu dépasse donc la seule construction d’une usine : il s’agit aussi de conserver sur le territoire des compétences liées à la conception, à l’industrialisation et à la production des batteries.
Une technologie prometteuse
qui doit encore convaincre
ProLogium mise sur une batterie lithium-céramique de quatrième génération. Sa technologie utilise notamment un séparateur en céramique et une architecture présentée comme plus sûre que celle des batteries lithium-ion classiques. Le groupe promet également une meilleure densité énergétique, des recharges plus rapides et de meilleures performances lorsque les températures sont basses.
Ces caractéristiques pourraient permettre aux constructeurs de proposer des voitures électriques offrant davantage d’autonomie sans installer des batteries toujours plus grosses et plus lourdes. Une meilleure résistance au vieillissement contribuerait également à préserver la valeur des véhicules d’occasion, l’état de la batterie restant l’une des principales inquiétudes des acheteurs.
L’étape décisive sera toutefois celle du passage à la grande série. ProLogium affirme avoir déjà livré plusieurs millions de cellules et exploite depuis 2024 une première gigafactory à Taïwan. Le site de Dunkerque devra néanmoins produire à une tout autre échelle, tout en respectant les objectifs de coût, de qualité et de cadence imposés par l’industrie automobile.
Les discussions avec les constructeurs et la validation des cellules dans des véhicules de série seront donc déterminantes. Si ces essais aboutissent, Dunkerque pourrait devenir l’un des principaux centres européens consacrés aux batteries automobiles de nouvelle génération. Le calendrier reste ambitieux, mais le passage des annonces aux travaux constitue déjà une avancée importante pour le projet.
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